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Sous votre plume

 

Atelier d'écriture. Jardin littéraire. Dimanche 30 juillet 2017. Source Salmière

Thème : Jardins et Eau

Dessin Marie Thoisy

Dessin de Marie Thoisy Lounis

 

L’eau, les jardins de Monique Donadieu

Description : atelier écriture jardin Littéraire (2).jpgDepuis la nuit des temps, l’eau, la belle eau de notre planète a fasciné ses habitants.
Indispensable à la vie sur terre, elle représente bien plus !
Elle est magique... Elle structure, abreuve, nourrit, façonne les paysages. Parfois capricieuse, parfois en colère, elle sait dévaster, aussi. C’est pourquoi l’homme, au fil du temps, s’est employé à la « domestiquer ». Ce faisant, il a découvert sa richesse et toutes les potentialités qu’elle pouvait nous offrir. L’eau et la nature, alliées de l’homme, ont su créer des jardins pour notre plus grand enchantement... Des jardins suspendus de Babylone aux parcs romantiques du XVIII au XIX ème siècle, sans oublier les fameux jardins à la française du grand siècle ; ce sont de multiples merveilles qui réjouissent notre cœur et pansent nos blessures.
On ne peut imaginer la vie sans eau, bien-sûr ! Ce ne serait pas possible... En revanche, l’importance des jardins échappe encore à certains. Combien la vie serait triste sans les arbres, sans les fleurs, sans les fruits ; pas de potager et ce serait la famine...
Quel bonheur au réveil de pouvoir se promener dans son humble jardin. Le soleil nous réchauffe et éveille les plantations ; la rosée amplifie la fragance des roses et des lys.
L’eau, les jardins embellissent notre vie. Ils nous procurent beauté, calme et sérénité. Ce sont les plus beaux cadeaux que les Dieux nous ont offerts.

 

Jardins, jardins !  de Marie-Christine Houzé
Jardins, jardins ! Jardins suspendus de Babylone, jardin des Hespérides... Mais « mon » jardin   à moi, c’est celui que j’ai connu quand j’étais adolescente, dans un pays de couleurs et de chaleur.
C’était le jardin d’Antonio, un  célibataire endurci  qui vivait avec sa vieille maman.  Rien à voir avec le jardin de Villandry, là tout était fouillis, couleurs mêlées et fragances que transportait le vent venu de la mer toute proche.
Description : atelier écriture jardin Littéraire (3).jpgAntonio faisait une affreuse piquette avec le raisin de sa petite vigne. Au bout de chaque rangée de ceps, des rosiers odorants attiraient les abeilles.  J’adorais me promener au milieu des fleurs et entendre le bourdonnement de ces insectes infatigables. Dans les journées de grande chaleur, toutes les senteurs se mélangeaient, on en avait la tête qui tournait, on était ivre de parfums ! Le champ de melons et de pastèques côtoyait un parterre de belles de nuit. Ce que j’aimais par-dessus-tout,  c’était courir vers le ravin et m’arrêter sous les figuiers dont les feuilles, comme de grandes mains, s’agitaient à la moindre brise. Les figues étaient légèrement fendues à leur base pour laisser passer de petites gouttes de nectar. La meilleure façon de les apprécier, c’est de les manger les yeux fermés. On goûte alors toute la saveur, le vrai goût des fruits.
Dans le contre- bas, là où coulait un maigre ruisseau, s’étendait l’orangeraie.  C’était la fierté d’Antonio ! De longues rigoles arrosaient les pieds des arbres. Les oiseaux, écrasés de chaleur, venaient y boire et se baigner.
Tout autour de la propriété étaient plantés de grands eucalyptus. Lorsqu’Antonio nous conduisait avec sa vieille carriole à la crique, à trois kilomètres de là, où nous passions la journée à nous baigner, nous étions accueillis à notre retour par le murmure du vent dans les feuilles d’eucalyptus et l’odeur forte de la sève.
Le soir, le calme s’installait, les belles de nuit s’ouvraient, les roses soupiraient d’aise. Après une journée trop chaude, les criquets et les cigales s’endormaient, écrasés de fatigue, ivres d’avoir empli l’air de leur chant strident. J’ai toujours eu envie de passer la nuit dans cette vieille maison, mais je n’ai jamais eu cette chance. J’aurais tellement aimé me lever tôt, surprendre le jardin à la naissance du jour pour voir ce qui était différent.

 

Description : atelier écriture jardin Littéraire (1).jpgÀ la Source Salmière, de Jean-Pierre Manetta

L’association de ces deux éléments de la nature sont comme la
respiration et le cœur de l’être humain, indispensables à la vie.
Ce site centenaire inspire la créativité et la réflexion sur notre temps moderne.

 

 

 

 

L’eau... (Anonyme)

Pour moi, l’eau, c’est rare. Là où j’étais, l’eau, c’est du sang... Le sang des pieds endoloris, des dos brisés, des corps exténués des femmes et des enfants qui parcourent des kilomètres pour remplir les bidons sonores. L’eau est si précieuse, si lointaine. Je ne supporte plus de voir l’eau gâchée, des robinets grand ouverts qui laissent couler le précieux liquide.
L’eau, c’est la vie. La vie exubérante des jardins irrigués. Le parcours compliqué des rigoles, la pente savamment calculée, l’économie des moyens et la parfaite efficacité du système.
L’eau douce est un enjeu capital dans les années à venir. C’est un bien universel qui appartient à tous. Chacun des habitants de la planète devrait y avoir accès sans difficulté. Ce n’est pas le cas.
Il y a trop à dire sur l’eau. Faut-il s’attarder sur les enjeux politiques ? Parler de son fort pouvoir symbolique ? De la glace, de la vapeur d’eau, des mers et des lacs, des cascades et des torrents ? Du mot ou des mots qui disent l’eau dans toutes les langues du monde ?
J’aime bien arroser le jardin avec l’eau de pluie que j’ai récupérée. J’ai l’impression de participer modestement à un grand cycle éternel qui rend la planète habitable.
Tiens... Je vais prendre une douche ; ça m’aidera à mettre de l’ordre dans mes idées...

Croquis? Atelier d'écriture 2017

Dessin de Marie Thoisy Lounis

 

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Atelier écriture Barrières, 17 septembre 2014

                 

Jacqueline Bazalgues Jacqueline Bazalgues

                             Érection de la nouvelle croix de Barrières

Un jour s'édifia le hameau de Barrières. Son puits, gueule ouverte, offrait son eau à qui venait la puiser. Ses maisons, bâties pierre sur pierre, étaient couvertes de toits aux couleurs chaudes, magnifiées par le soleil. A la belle saison la vie des hommes et des bêtes s'écoulait bien souvent  dans les champs. L'hiver, plusieurs générations d'une même famille se regroupaient autour du feu pour cuisiner, se réchauffer, veiller. Mais, quel que soit le temps, une croix s'élevait sur le couderc à la rencontre des chemins.

Le temps passa, apportant ses joies et ses peines. Sans que l'on sache trop pourquoi la vie s'est un jour ralentie dans le hameau. Il y avait bien toujours des bêtes dans les pâturages. Des enfants utilisaient bien le hameau comme raccourci pour se rendre à l'école. Mais la plupart de ceux qui y vivaient à l'année disparurent peu à peu et la Grande Guerre accéléra l'exode.

Les chemins bordés de murs à pierre sèche débouchèrent dans un hameau meurtri. Dès lors l'eau du puits ne fut plus puisée. La croix en pierre ne fut plus fréquentée et se dégrada. Un témoignage nous apprend qu’elle se dégrada et que, sommairement rafistolée, elle finit par disparaître.

Seule perdura la pierre en toutes ses nuances de gris. Une marée de pierres parmi le vert de la végétation. Que sont devenus les toits, hautement symboliques, des habitations ? Où sont leurs couvertures ou, tout au moins, leur support ? Ni toiture ni charpente. Les tuiles aux teintes nuancées ont disparu du sommet des bâtisses. Peu de débris sont visibles sur le sol.

Ce quatorze septembre, grâce à la volonté de femmes et d'hommes, une nouvelle croix, elle aussi en pierre, émouvante de simplicité, revient sur le communal au point de rencontre des chemins. Certains en ressentent de l'étonnement. Cette nouvelle croix va remplacer celle que l'usure du temps avait vouée à la disparition.

Cette résurrection a été rendue possible par l'intervention et le savoir d'artisans qualifiés, héritiers d'une longue tradition. Le matin M. Christian Pagès, tailleur de pierre retraité, a façonné artistement  la tranche de pierre offerte par une entreprise Gramatoise et l'a poncée sous nos yeux. La stèle destinée à recevoir la croix a été percée. M. Jean-Philippe Battut et Hervé Nicolas qui avaient dans la matinée sensibilisé les visiteurs à l'activité de réparation de pierres de fenêtres, ont pris en charge l'aspect maçonnerie nécessaire à l'installation de la croix sur son support.

En fin d'après-midi avait lieu l'achèvement et l'érection de la croix. Scellée, arrimée aux pierres du causse, elle était bénie par le Père Ronan de Gouvello.

Jacqueline Bazalgues

 

 

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Marcelle Roumieux Marcelle Roumieux

                                                               Le hameau de Barrières

 Aujourd’hui, dimanche 14 septembre 2014, me voilà enfin à Barrières, dont on a beaucoup parlé à la maison et que mon mari a fait visiter à des amis. J’ai vu plusieurs photos et surtout nous avons le plaisir de posséder les très bonnes publications de « Racines ».
 L’animation de la journée m’a donné le désir d’y venir voir d’un peu plus près...
Mais !!! Je suis handicapée et je ne verrai pas encore grand-chose... Je contemple les ruines et je n’ai pas de mal à les voir animées comme elles étaient il y a quelques dizaines d’années.
 C’est l’hiver, les cheminées fument car il fait très froid. Les animaux sont dans les étables. Les artisans, eux, sont au travail. On attend le printemps où la vie reprendra vigueur.
Ce village, isolé du monde, vit plus ou moins en autarcie ; on n’a pas encore découvert la vitesse sur les routes, les télécommunications et tous les progrès récents. Ceux-là, cependant, n’empêcheront pas la lente extinction du village.
  Les habitants ont-ils vu venir les choses ? Les plus jeunes ou les plus âgés ? Difficile d’imaginer l’état d’esprit au fur et à mesure que les anciens décédaient, que les jeunes peinaient à avoir assez de travail et émigraient vers les villes et que les maisons se fermaient une à une...
 Maintenant les ruines essaient de rester debout pour témoigner des temps anciens où on vivait autrement. Elles ont besoin d’être préservées pour être encore là et pour que nous n’oubliions jamais.

                                                                               
                                              Marcelle Roumieux                                                 

 

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Régine Judicis Régine Judicis

                                                     Le mystère de Barrières

 Les Barrières...pourquoi ce nom ? Est-ce une limite de propriétés qui est déterminée par toutes ces parcelles regroupant quelques personnes et familles du début du siècle ? Non, d’après les études récentes, les religieuses de l’ordre de St-Jean de Jérusalem seraient à l’origine de l’implantation de quelques bâtisses, suite à divers épisodes : guerres, famines, peste...le lieu est interdit.
 Aujourd’hui, les ruines nous rappellent qu’il y avait une vie active, familiale, un espoir de pouvoir survivre avec peu de moyen, dans un site grandiose. Par son calme, je ressens un sentiment de plénitude lorsque ce matin, je déambulais entre ces ruines qui malgré tout étaient encore vivantes par le fait de nous interpeller en posant des questions diverses.
 Tiens ! Que fait-il là ? Un four à pain... nous imaginions la famille qui allait faire cuire sa production pour la semaine. Ailleurs, un enclos avec un petit abri, qui pourrait loger là ? Un enfant ? Un chien ?
 Tous les participants étaient malgré eux, intrigués. Moi-même, j’ai été charmée par la maison inconnue... Que renferme-elle ? L’histoire d’une vie bien remplie, de labeur, de joie, de peine ; elle garde un certain mystère.  Malgré ses ruines, j’ai ressenti une plénitude dans cet endroit isolé, au milieu de nulle part. Je n’aurais pas peur, même la nuit, je crois tant en ce lieu qui me possède et qui dégage une telle sérénité, l’envie de m’y ressourcer, d’y passer une retraite ! Pourquoi pas le couvent, à proximité... une bâtisse particulière.
 L’eau, les dolmens qui ont une origine très lointaine. Les rituels attachés à leur implantation ont peut-être été le maillon de cette vie...
 En conclusion, les hommes qui ont construit ce hameau, ont puisé leurs forces dans le sol, puisque tout vient de la terre et revient à la terre. Les ruines sont ancrées dans le sol et résistent aux années, aux intempéries et restent malgré tout, là, dans toute la majesté de ce village, de ce hameau de Barrières.
 Qu’il reste dans sa quiétude et son havre de paix.....

Régine Judicis

 

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Robert Birou Robert Birou

BARRIÈRES

ou

Petit exercice de versification

d'où l'on espère voir surgir

un zeste de poésie

 

Si vous venez à Barrières
Vous verrez d’abord des pierres            
Vestiges d’habitations
Parmi la végétation
Témoins muets et confus
D’une époque révolue

Quand vous serez à Barrières
Ouvrez votre imaginaire
Peut-être en fermant les yeux
Et alors vous verrez mieux
Mieux que des amas de pierres
Semées sur d’arides terres                           

Dans ce décor de misère
De catastrophe et de guerre
Peut-être par nostalgie
Verrez-vous quelques ci-gît
Inscrits sur ces vieilles pierres
Comme dans un cimetière

Vous garderez en mémoire
Des parcelles d’une histoire
Moins réelle que rêvée
Et sans doute inachevée
Que murmureront des voix
En vous parlant d’autrefois

 

Murmures montant des murs
Pour dire combien fut dur
Le passé de ce village
Et célébrer le courage
De ceux qui par leur labeur
Y firent face au malheur

Et le trou d’un puits qu’obstrue
Un tas de pierres herbu
Deviendra pour cette terre
La bouche obligée de taire
Sa soif, son cri silencieux
Sera un défi aux cieux.

Rien malgré ronces et ruines
N’empêche qu’on imagine
Plus de cent ans en arrière
Un village de Barrières
Où la vie bien que très rude
Déployait sa plénitude

Acceptez ces quelques vers
A la gloire de Barrières
Hameau désormais désert
Et qui cache sa misère
Dans un coin de causse austère
Sur la commune de Miers

Robert Birou

 

 

 

 

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Hommes de bonne volonté.


Une après-midi de fin d'hiver. Un hameau en ruines. Un vent d'autan qui transperce nos vêtements et de gros cumulus qui se préparent à nous arroser. Le décor est planté pour la visite de Barrières. D'abord Barrières : pourquoi ce nom ? Il n'y a aucune trace de remparts, fortifications ou fossés visibles. Contre quoi ou qui, les habitants de ce hameau perdu du causse, souhaitaient-ils se protéger ? Puissance des noms de lieux dits, qui nous renseignent sur la vie de ces habitants du passé.

Ici, nous sommes dans un univers minéral. Pas de maisons de torchis, pas de briques non plus. Le matériau de construction, il est là, sous nos pieds. Aurions-nous le courage, nous hommes du troisième mil­lénaire, d'affronter avec les moyens qui étaient les leurs, cet endroit loin de tout pour y ériger un village ? Aurions-nous su trouver l'eau indispensable à la vie, creuser ce vaste puits ? Les ruines de leurs habitations, dont les toits n'existent plus depuis bien longtemps, sont riches d'enseignement. Elles sont proches, mais pour la plupart non contigües, çà et là on devine la trace d'une cheminée (il devait y faire si froid quand soufflait la bise), quelques marches s'élancent encore vers un grenier disparu, quelques niches ont été amé­nagées dans l'épaisseur d'un mur, un appentis accolé à un pignon servait-il d'abri à l'ânesse et son petit ? Tous ces restes nous renseignent sur la dureté de la vie rurale, mieux que ne sauraient le faire de savantes études d'érudits. Ces traces sont celles d'hommes et de femmes tenaces, courageux, rudes sans doute, mais fiers et droits.

Finalement ils ont bien eu raison d'appeler leur village Barrières. Ils souhaitaient, quand ils retour­naient chez eux après une série interminable de tâches diverses, mettre au bout du jour, une barrière invi­sible, mais bien réelle entre le village et les autres, de qui ne pouvaient provenir que malheur, guerres ou mort.

J'ai quitté Barrières avec les premières gouttes de pluie d'une grosse averse. J'étais fière, moi qui n'ai pas d'ancêtres dans ce pays, d'avoir "rencontré " ces lointains "cousins", à travers qui j'avais retrouvé les preuves des valeurs éternelles qui n'appartiennent qu'aux "hommes de bonne volonté".


Marie-Claude Varéchon

Atelier d’écriture de Gramat (Lot)

 

 

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Un bout du monde.


Sous le ciel gris d’un hiver finissant, il nous apparaît tel un grand squelette oublié par le temps.Il s’étire de prairies en vallons dans une lumière indécise et un silence feutré.

Un vent audacieux caresse ses murs, flâne dans ses ruelles, se glisse par ses fenêtres à jamais ouvertes.

Des colonnes vertébrales de pierres sèches ondulent sous un manteau de mousse verdoyante, comme un velours posé.

Refuges d’arbustes chétifs mais domaines incontestés d’un lierre envahissant, quelques pans de maisons protègent en leur sein cheminées et niches secrètes.

Barrières : vies suspendues, temps d’autrefois.

Michèle Vigneau.

Atelier d’écriture de Gramat (Lot)

 

 

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Labourer la pierre...


Un chemin bordé de murs en pierre sèche mène à Barrières où abonde une pierre belle et peu gélive. Ici ou là, quelques blocs cyclopéens suffisent à la construction d'un muret. Sur le communal, un petit lac creusé dans la roche offre aux bêtes de quoi s'abreuver.

À quelques encablures, dépourvu de margelle, un puits, gueule à même le sol, attire le regard et suscite l'étonnement. Il est aujourd'hui comblé, bouche close. Se peut-il, compte tenu de son emplacement, qu'il ait été, dès l'origine, dépourvu de tout entourage ? Ou bien celui-ci s'est-il effondré ? Son cœur battait au même rythme que celui des habitants habitués à venir puiser son eau tout en échangeant des nouvelles. Le hameau déserté, il est désormais inutile. Son agonie est émouvante. A-t-elle commencé après la saignée de la guerre de 1914 ? Est-elle due à l'exode rural, à la fée Électricité qui n'est pas venue ? Questionnement.

Aux alentours, regroupées, les ruines d'anciennes bâtisses, de facture fort différente. Certaines, en pierre de taille, sont dignes des constructions du couvent des Fieux, distant de quelque six cents mètres. D'autres, beaucoup plus humbles, jouxtent appentis et granges. Peut-être y a-t-il des citernes. L'eau, il fallait se la procurer. Comme en bien d'autres lieux, le bâti destiné aux hommes les plus modestes est souvent recouvert de crépi, celui réservé à l'élevage des animaux en pierre taillée.

On imagine la dureté des conditions de vie de ces Caussenards. La pierre conserve le souvenir de leur labeur. Sur le chemin caillouteux, les roues des charrettes ont tracé, çà et là, des sillons rectilignes, labouré la pierre en quelque sorte...

Le regard est attiré, l'attention captée, par l'omniprésence, quasi obsédante, de la pierre. À quel­ques encablures, des dolmens, pierres levées, ont sûrement intrigué les riverains. La tradition voyait en eux des « tombeaux des géants ». D'où, parfois, un culte.

Sur le causse, dit-on, la pierre pousse. Matière noble, elle est à l'origine de tout ce qui fait le carac­tère de Barrières, de tout ce qui y défie le temps. Lieu fascinant pour qui l'aime. Partout la pierre, noblesse du Causse, trône en majesté. Elle sait encore se parer de la beauté d'un lilas qui a élu domicile en ses ruines. Au printemps, il refleurira !


Jacqueline Bazalgues

Atelier d’écriture de Gramat (Lot)